Comment comparer les tarifs d'électricité en Espagne
Le marché espagnol de l'électricité ne fonctionne pas comme le marché français : tarif réglementé horaire, week-ends entiers en heures creuses, puissance facturée au jour près. Voici comment lire votre facture, comparer les offres poste par poste et réduire la note — avec un exemple chiffré complet.
Réglementé (PVPC) vs. marché libre
Le PVPC (Precio Voluntario para el Pequeño Consumidor) est le tarif réglementé : son prix du kWh change chaque heure selon le marché de gros. Le marché libre propose au contraire des prix convenus avec le fournisseur, stables pendant la durée du contrat.
Pour un francophone habitué au tarif réglementé d'EDF, la différence est nette : le PVPC n'est pas un prix fixe protecteur, c'est un prix indexé qui peut être très bas la nuit et flamber lors des pics de demande. Il convient aux foyers capables de déplacer leur consommation ; le marché libre convient à ceux qui veulent un budget prévisible.
Les plages horaires P1, P2 et P3
Depuis la réforme des péages, la puissance et l'énergie sont facturées selon trois périodes :
| Plage | Horaire (jours ouvrés) | Prix |
|---|---|---|
| P1 Pointe (punta) | 10–14 h et 18–22 h | Le plus cher |
| P2 Pleine (llano) | 8–10, 14–18 et 22–24 h | Intermédiaire |
| P3 Creuse (valle) | 0–8 h + week-ends et jours fériés | Le moins cher |
Détail précieux, souvent ignoré des nouveaux arrivants : les samedis, dimanches et jours fériés sont intégralement en heures creuses. Lancer les machines le week-end coûte le prix P3, quelle que soit l'heure.
Les trois composantes de la facture
- Le terme de puissance : un coût fixe par kW souscrit et par jour (en €/kW/jour), avec deux prix — P1 pointe et P2 creuse. La puissance la plus courante en Espagne est 3,45 kW, et elle se souscrit par paliers fins de 0,1 kW, contrairement aux paliers de 3 kVA français.
- Le terme d'énergie : le prix de chaque kWh consommé, avec trois valeurs (P1/P2/P3) chez la plupart des fournisseurs.
- Les taxes : l'impôt sur l'électricité de 5,11 %, puis la TVA de 21 % sur l'ensemble (aux Canaries, l'IGIC remplace la TVA). S'y ajoute la location du compteur, environ 0,81 €/mois. Ces taxes sont identiques quel que soit le fournisseur : inutile de les comparer.
Exemple illustratif : foyer moyen de 3,45 kW
Prenons un foyer consommant 292 kWh/mois (environ 3 500 kWh/an, la moyenne espagnole), répartis 25 % en P1, 30 % en P2 et 45 % en P3, avec un tarif fictif à 0,16 / 0,12 / 0,08 €/kWh et une puissance à 0,10 + 0,03 €/kW/jour :
- Terme d'énergie : 292 × (0,25 × 0,16 + 0,30 × 0,12 + 0,45 × 0,08) ≈ 32,70 €
- Terme de puissance : 3,45 × 0,13 × 30 jours ≈ 13,46 €
- Impôt électricité (5,11 %) : ≈ 2,36 € ; compteur : 0,81 €
- TVA 21 % sur le tout : total ≈ 59,69 €/mois
Environ un quart de la facture part en taxes, et le terme de puissance pèse autant que 100 kWh de consommation : deux postes que le seul « prix du kWh » d'une publicité ne montre jamais.
Comment comparer deux offres correctement
- Récupérez sur votre facture actuelle (rubrique « précios aplicados » ou « desglose ») vos prix réels en €/kW/jour et €/kWh.
- Relevez votre consommation mensuelle et sa répartition P1/P2/P3 — votre espace client la fournit grâce au compteur communicant.
- Appliquez les prix de chaque offre à votre profil de consommation, taxes comprises. C'est exactement ce que fait notre comparateur de tarifs : vous saisissez les prix trouvés sur le marché et il calcule votre facture annuelle avec chacun.
- Vérifiez les conditions annexes : durée d'engagement (permanencia), services additionnels facturés, révision des prix.
Conseils pour payer moins
- Déplacez la consommation vers P3 : lave-linge, lave-vaisselle et recharge du véhicule la nuit ou le week-end. Dans notre exemple, déplacer 60 kWh/mois de P1 vers P3 économise environ 6 € TTC par mois, plus de 70 € par an.
- Ajustez la puissance souscrite : chaque kW inutile coûte toute l'année. Baisser de 4,6 kW à 3,45 kW se ressent immédiatement sur le terme fixe.
- Comparez terme fixe ET prix du kWh : une offre au kWh très bas peut cacher un terme de puissance élevé, et inversement.
- Refaites le calcul chaque année : les offres du marché libre évoluent vite, et rien n'empêche de changer de fournisseur sans coupure.
Et si vous avez des panneaux solaires ?
L'autoconsommation avec compensation des excédents (compensación de excedentes) est très répandue en Espagne : les kWh injectés dans le réseau sont valorisés à un prix convenu avec le fournisseur et viennent réduire le terme d'énergie de la facture. Attention à la limite : la compensation ne peut jamais dépasser le montant du terme d'énergie — elle ne réduit ni le terme de puissance ni les taxes. Le surplus d'août peut néanmoins compenser la consommation de janvier dans le calcul annuel.
Erreurs courantes
- Comparer uniquement le prix du kWh en oubliant le terme de puissance et les services additionnels.
- Ignorer la répartition horaire réelle : un tarif « heures creuses » n'est intéressant que si vous consommez réellement la nuit ou le week-end.
- Comparer les taxes : impôt électricité et TVA sont identiques partout ; seuls les termes de puissance et d'énergie différencient les offres.
- Rester par inertie sur un tarif souscrit à l'emménagement, souvent l'un des plus chers du marché.
Questions fréquentes
Où trouver les prix exacts de mon tarif actuel ?
Sur votre facture, dans le détail des prix appliqués, ou dans l'espace client de votre fournisseur. Cherchez les valeurs en €/kW/jour (puissance) et €/kWh (énergie).
Changer de fournisseur risque-t-il de couper mon électricité ?
Non. Le changement est purement administratif : le réseau de distribution reste le même, seul le facturier change.
Le PVPC est-il moins cher que le marché libre ?
Cela dépend des périodes et de votre profil. Le PVPC est souvent compétitif en moyenne, mais expose aux pics de prix. La seule réponse fiable consiste à comparer les deux avec votre consommation réelle des douze derniers mois.
Comparez le coût de votre consommation par tarif et plage horaire.
Comparateur de tarifs →Pour aller plus loin
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